Critique
Noyau Linux : une faille TCP à 9,8 exploitable sans authentification, correctifs en ordre dispersé
- Noyau Linux depuis la version 4.4, donc une très large partie du parc serveur. Côté Red Hat : RHEL 8, 9 et 10. Côté Canonical : Ubuntu 22.04 LTS, 24.04 LTS et 26.04 LTS (correctifs en test), 20.04, 18.04 et 16.04 sans correctif. Amazon Linux, Debian, Oracle Linux et SUSE ont publié des correctifs en octobre.
- Oui. RHEL 8.10 : noyau 4.18.0-553.182.1.el8_10 (RHSA-2026:93414) ; RHEL 9.8 : 5.14.0-687.64.1.el9_8 (RHSA-2026:93412) ; RHEL 10.2 : 6.12.0-211.72.1.el10_2 (RHSA-2026:93413). Ubuntu : 5.15.0-203.213 (22.04), 6.8.0-149.149 (24.04), 7.0.0-43.43 (26.04), uniquement dans
-proposed. Un redémarrage est nécessaire.
- Quand un serveur accepte une connexion TCP IPv4, le noyau transmet les options IP de la requête au nouveau socket sans les copier. Si le client renvoie sa demande de connexion pendant qu'un autre processeur lit encore ces options, le noyau lit une zone mémoire déjà libérée. C'est une « utilisation après libération » (use-after-free). L'attaquant déclenche la course en envoyant des requêtes avec les options IPv4 Record Route ou Timestamp vers n'importe quel port en écoute, sans aucun identifiant.
- Exécution de code à distance avec les privilèges du noyau, donc compromission complète du serveur, ou à défaut un déni de service par crash. La faille est présente depuis 2016, ce qui signifie que des milliers de serveurs exposés n'ont probablement jamais été audités pour ce vecteur.
- Ce qu'il faut faire
- Mettre à jour les noyaux et redémarrer. Pour les serveurs Ubuntu qui ne peuvent pas attendre, activer le pocket
-proposeden conscience, ou appliquer la règle nftables publiée par Red Hat qui supprime les paquets TCP IPv4 portant des options IP (ip protocol tcp ip hdrlength > 5 counter drop). Cette règle ne protège que l'hôte où elle est chargée : le trafic entre conteneurs d'un même hôte la contourne, et elle peut casser des applications qui utilisent réellement les options IPv4. Désactiver MPTCP ne suffit pas, contrairement à ce que suggèrent plusieurs sources. - La sévérité réelle en exploitation conditionnelle est débattue (9,8 pour le noyau et Red Hat, 8,1 pour Amazon Linux). Aucune exploitation n'a été observée, mais Anthropic affirme qu'un modèle interne non publié a produit un exploit root distant fonctionnel contre des serveurs avec un listener MPTCP, en 48 minutes pour fuiter une adresse du noyau puis 5 minutes pour obtenir un shell root. Le code n'a pas été publié, donc l'affirmation n'est pas vérifiable indépendamment.