Critique
PHP2Shell : de PHP à root sur les pare-feu Palo Alto
- PHP 5.4 et versions ultérieures, donc toutes les versions publiées depuis une décennie. Côté Palo Alto : PAN-OS 12.2, 12.1, 11.2, 11.1 et 10.2 (PA-Series, VM-Series, Panorama virtual et M-Series) avec interface de gestion exposée sur Internet
- Oui. PHP 8.5.12, 8.4.27, 8.3.36 et 8.2.35. Côté Palo Alto, correctifs PAN-OS sur les branches 12.2, 12.1, 11.2, 11.1 et 10.2
- Deux failles dans le cœur du langage PHP permettent à un attaquant d'exécuter du code de son choix sur le serveur web, sans compte préalable. Les deux défauts sont anciens, présents depuis des décennies, mais leur exploitation exigeait un enchaînement si complexe que des chercheurs humains ne parvenaient pratiquement pas à le démontrer. Des modèles d'IA de frontière ont abaissé ce seuil. Les attaquants ont ensuite combiné cette exécution de code avec une faille du noyau Linux pour passer du compte du service web à root sur l'appliance.
- Contrôle total du serveur web (dépôt de web shell, vol de base de données et de secrets applicatifs, défiguration), et sur les pare-feu Palo Alto compromis, position d'écoute sur le trafic de l'entreprise, avec capacité de modification des politiques de filtrage. Palo Alto indique qu'environ 0,02 % de sa base installée mondiale dispose d'une interface de gestion exposée sur Internet, et que ces clients ont été contactés individuellement.
- Ce qu'il faut faire
- Inventorier les versions PHP réellement servies (ne pas se fier au panneau du hébergeur), mettre à jour vers les branches corrigées, restreindre immédiatement l'accès Internet aux interfaces de gestion des pare-feu (liste d'autorisation d'adresses IP ou bastion), rechercher des web shells sur les serveurs PHP et auditer les journaux d'accès pour les chemins d'installation temporaires. Côté WordPress, Defiant ne rapporte aucun compromis réussi au 28 octobre, mais plus de 77 000 requêtes d'exploitation depuis plus de 2 000 adresses IP : la pression est réelle.
- Le nombre exact de victimes hors pare-feu Palo Alto n'est pas connu. Les CVE exactes employées pour l'étape « Fragnesia » ne figurent pas dans les articles consultés. L'attribution à un groupe lié à la Chine repose sur le rapport de Dream Research et sur la vérification de l'outillage par Unit 42, pas sur une attribution gouvernementale.