Critique
PHP2Shell : des millions de tentatives, zéro compromission confirmée, et un exploit qui contourne l'ASLR
- Deux failles du moteur PHP permettent à un attaquant sans compte d'exécuter du code via de simples requêtes HTTP, en manipulant la gestion des sessions et la progression d'upload. Elles ont été corrigées en urgence le 21 octobre, un jour avant la date prévue, après la fuite des identifiants CVE. Depuis, les scanners du monde entier testent le web entier : de quelques dizaines de milliers de tentatives dans les 45 minutes suivant l'annonce à plusieurs millions le 22 octobre selon Cloudflare. Une variante de botnet Mirai nommée Potassium a été observée en train d'essayer de s'installer, sans succès.
- en cas de succès, l'attaquant exécute du code avec les droits du processus web, donc accès aux clés d'API, aux identifiants de bases de données, aux variables d'environnement et aux services internes joignables depuis le serveur. Pas besoin d'être administrateur pour pivoter : un WordPress, un Drupal ou un Joomla avec du code applicatif propre reste exposé puisque le défaut est dans le moteur.
- patcher en priorité et inventorier les PHP en fin de vie (7.4, 8.0, 8.1) pour migration ou backport distribution. Si le patch ne peut pas être appliqué immédiatement, désactiver
session.upload_progress.enabled(valeur 0), mesure officiellement recommandée par PHP et qui couvre aussi le nouveau CVE-2026-115560. Activer les règles WAF (Cloudflare en a publié), restreindre l'exposition directe des interfaces d'administration, et rechercher des indicateurs d'exploitation dans les logs HTTP : paramètres de session anormaux, requêtes vers des chemins inexistants suivies d'un POST, écriture de fichiers dans les répertoires de session. - l'exploit VulnCheck, présenté comme fonctionnel sur x86-64 avec ASLR actif et affichage d'erreurs désactivé, n'est pas public et n'a pas été vérifié indépendamment. Les volumes d'attaques proviennent de déclarations de Cloudflare et d'Amazon, non recoupées par un tiers neutre. Le décompte de 34,4 millions de services PHP encore vulnérables est une estimation Censys. Sophos a corrigé une première version de son analyse qui annonçait une exploitation réussie.
thehackernews.comsecurityweek.comkrebsonsecurity.comtheregister.com