Critique
PHP2Shell : l'exploitation de masse a commencé avant même la publication des correctifs
- PHP2Shell exploite une faiblesse de gestion mémoire dans PHP. L'attaquant force l'interpréteur à épuiser sa mémoire à un instant précis, ce qui laisse le moteur avec des références vers des zones déjà libérées. Cet état incohérent devient un chemin vers l'exécution de code. Le point important : dans certaines configurations, le code de l'attaquant s'exécute avant que les contrôles de sécurité de l'application ne soient appliqués. La faille est donc « pre-auth » et ne dépend pas d'une mauvaise configuration applicative particulière.
- exécution de code arbitraire avec les droits du processus web (souvent www-data), dépôt de webshell, vol de fichiers de configuration et de secrets de base de données, pivot vers le réseau interne, défiguration ou rançongiciel si l'hôte est un point d'entrée. CrowdStrike indique qu'une seule requête POST non authentifiée suffit pour faire démarrer un shell à un worker Apache mod_php.
- patcher en priorité les systèmes exposés sur Internet, puis tout le reste. Faire l'inventaire de PHP y compris là où on ne l'attend pas (appliances, portails oubliés, images Docker anciennes). Utiliser les règles virtuelles (FortiGuard 37.316, règles Snort Talos, détections Zeek et Suricata de Corelight) en attendant. Restreindre les droits du processus web, limiter ses accès réseau sortants et sa capacité à lancer des processus. Rechercher des webshells et des processus inattendus, en particulier sur les systèmes ayant été exposés entre le 17 et le 21 octobre.
- la fiabilité réelle des PoC publics fait débat (Red Hat estime qu'une exploitation fiable exige une manipulation précise du tas et un comportement non par défaut). Le nombre exact d'hôtes compromis est inconnu. On ne sait pas comment les attaquants ont obtenu l'information avant la divulgation.
thehackernews.comsecurityweek.comsecurityweek.comhelpnetsecurity.com